La sélection zambienne a signé l'ultime surprise d'une CAN-2012 qui a tourné le dos aux grands, en remportant le premier titre continental de son histoire aux dépens du grand favori, la Côte d'Ivoire, aux tirs au but (8-7, 0-0 après prolongations). Les Chipolopolos, qui jouaient leur troisième finale depuis 1994 (perdue face au Nigeria), et 1974, année de sa première participation en CAN, n'ont pas volé le titre. Ils ont dominé des Ivoiriens, qui avaient la tête ailleurs, et cru en leur chance jusqu'au bout. La séance de tirs au bout venait livrer le verdict d'un match indécis, qui basculait entre des Zambiens qui en voulaient vraiment, mais manquaient de réalisme, mais surtout d'expérience devant les buts et des Ivoiriens aux pieds lourds, tellement le moral n'y était pas. Les Eléphants ont également payé cher le manque de détermination de deux de leurs stars, à savoir Drogba et Gervinho, qui ont raté un penalty décisif chacun, respectivement, dans le temps réglementaire et lors des tirs au but. Par un jeu direct et simple, les joueurs zambiens, plus coriaces dans les duels individuels, arrivaient à porter facilement le danger dans le camp adverse et quand il s'agissait de défendre, ils parvenaient à réaliser rapidement une supériorité numérique, grâce à un repli organisé et efficace. Ce sont, d'ailleurs, les Chipolopolos qui sont vite entrés dans le match, frôlant un but précoce (3è min), sur un tir à ras de terre de Nathan Sinkala, qui reçoit une passe en retrait de Stoppila Sunzu, mais le portier ivoirien Barry Copa attrape la balle magistralement. Dix minutes plus tard (13è), Chisamba Lungu persiste dans le suivi d'une balle et centre en retrait vers Emmanuel Mayuka, qui frappe de la tête, mais rate la cage. Les Eléphants, auteurs d'un parcours jusque-là parfait en CAN, ont signé leur pire sortie. Très mal inspirés sur l'essentiel de leurs actions, à l'instar de leur star Didier Drogba, qui a multiplié les tirs mal cadrés (15è), les passes hasardeuses (une-deux mal enchaîné avec un coéquipier, 42è min) et les contrôles ratés, les Eléphants ont manqué gravement de cohésion, à tous les compartiments de jeu, avec notamment une défense fébrile par moments, une ligne médiane poreuse et une attaque peu percutante. D'ailleurs, dans la première mi-temps, les Ivoiriens n'ont cadré qu'un seul tir, celui de Yaya Toué (19è) sur un coup franc et n'ont réussi qu'une seule action, à la 29è minute, quand Drogba, dans l'un de ses rares exploits, sert du talent Touré, dont le tir croisé rate sa cible. La déconfiture mentale des Ivoiriens a atteint son apogée à la 69è minute quand Drogba échoue à délivrer les siens, après avoir lamentablement raté un penalty, de la même manière que lors de la finale de 2006 perdue aux tirs au but face à l'Egypte (ironie du sort) et à un moment où la pression des Zambiens montait d'un cran. Les Ivoiriens, en sursis, sont passés à côté d'une autre occasion de tuer le match, si Max Alain Gradel, esseulé en zone de réparation, s'était bien concentré avant de tirer (il rate de peu le cadre). Deux ratés successifs qui leur auraient coûter cher si, Mayuka, servi d'une pichenette par Issac Chansa, avait pu réagir vite avant le retour in extremis d'un défenseur, qui a sorti la balle, ou quand le capitaine Christopher Katongo reprend le centre de Felix Katongo, mais sa balle se heurte à la base du montant gauche. Il s'agit là de l'ultime désillusion de la génération vieillissante de Drogba, Zokora, Yaya Touré et consorts, qui abattait ses dernières cartes, après celles des trois précédentes éditions (finale en 2006, demi-finale en 2008, quart de finale en 2010). Cette 28è édition a pris fin, par ailleurs, sur une cérémonie riche en couleurs, sons et lumière, avec des spectacles musicaux et folkloriques et des chorégraphies célébrant la terre et la culture africaines. Parmi les moments forts de cette soirée figurent l'entrée sur le terrain de centaines d'enfants qui ont formé un énorme ruban rouge, symbole de la lutte contre le Sida, faisant l'objet d'une large campagne lancée en marge de cette CAN-2012, ou bien l'hommage à la paix en Afrique, symbolisé par l'allumage par le président de la CAF, Issa Hayatou de la flamme de la paix.